28 juillet 1914 : L’Autriche précipite l’Europe dans la guerre

Les termes de la réponse serbe sont désormais connus : la Serbie accepte toutes les exigences de l’Empire austro-hongrois. Toutes, sauf la participation des fonctionnaires autrichiens dans l’enquête sur l’attentat de Sarajevo et dans la répression de la propagande anti-serbe. Et encore, il ne s’agit pas d’un refus formel : tout au plus d’une protestation et d’une demande d’éclaircissement… Toute la presse jugeait les exigences autrichiennes inacceptables. Pourtant, la Serbie les a presque toutes acceptées. Mais l’Autriche juge sa réponse insuffisante.

« L’heure est grave. L’Autriche se refuse à toute conciliation. Elle refuse à la Russie la prolongation du délai imposé à la Serbie pour sa réponse à l’ultimatum de Vienne. Elle repousse la réponse de Belgrade, pourtant si modérée, si conciliante. C’est donc qu’elle veut la guerre, » conclut l’Aurore, qui titre encore régulièrement sur les demandes de révision immédiate de la loi des trois ans, et qui ne cessera que le 29 juillet 1914, car, la veille, l’Autriche aura déclaré la guerre à la Serbie.

Il s’est pourtant écoulé un petit laps de temps entre le moment où l’Autriche a estimé la réponse serbe insuffisante, et la déclaration de guerre, un petit laps de temps qui a suffit à réveiller l’espoir. Sir Edward Grey, ministre britannique des affaires étrangères, en profite pour formuler une dernière tentative de paix, une dernière tentative de conciliation, plus adressée d’ailleurs à l’Autriche et à la Russie qu’à l’Autriche et à la Serbie. Où l’on voit bien que le principal soucis n’est pas vraiment les Balkans, mais le risque d’une internationalisation du conflit. Sa proposition est restée lettre morte.

L’Internationale se mobilise également contre la guerre. L’Humanité publie les manifestes de la section française, de la section allemande, de la section autrichienne, qui appellent à la paix et au socialisme international. Même après la déclaration de guerre l’on continue à se réunir pour affirmer sa volonté de sauvegarder la paix. Un appel qui ne tiendra pas longtemps face aux tensions qui règnent en Europe, face à l’engrenage implacable des alliances.

Ce 28 juillet 2014, donc, un mois tout juste après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, l’Autriche déclare la guerre à la Serbie, et jette l’Europe dans la guerre. Ce 28 juillet 1914, tour de force : Madame Caillaux est acquittée. Le lendemain, le Figaro titre « Le verdict de la honte ». Cinq des six colonnes de la une du journal lui sont consacrées. Seule la dernière concerne la déclaration de guerre. Une guerre qui va prendre en quelques jours des proportions gigantesques. Nous sommes à la fin du mois de juillet 1914. Au début du même mois, on dessinait encore ceci :

1914-07-04 Le Rappel caricatureLe Rappel, 4 juillet 1914 (Gallica)
ENCORE LES BALKANS
Le journaliste : « Y paraît que les Bosniaques… »
Le paysan : « M’en f… laissez-moi rentrer mon foin ! »

Qui l’aurait cru ?

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