Prépare la guerre !

Dans le cadre de mon projet 1914-1918, j’avais suivi la marche à la guerre avec les journaux de l’époque. Je vous propose aujourd’hui de les mettre en perspective avec un autre regard: celui du rédacteur du JMO (Journal des Marches et Opérations militaires) du 54e régiment d’infanterie.

C’est tout à fait par hasard que je suis tombée sur ce document. Pour le généathème de novembre, je souhaitais au départ vous parler d’un poilu de mon arbre, mais je ne disposais pas des informations nécessaires, et je n’ai malheureusement pas le temps de les collecter aux archives départementales de la Marne. Il se trouve que ce poilu appartenait au 54e RI.

Si je vous parle aujourd’hui de ce document, c’est donc grâce à un poilu nommé Joseph Antoine Lazarus, alsacien engagé dans l’armée française, probablement au cours du mois d’août 1914, mort pour la France. Si ce JMO a retenu mon attention, c’est parce qu’il ne commence pas en août 1914, comme la plupart des JMO que j’ai eu l’occasion de consulter. Non, le JMO du 54e RI commence quelques jours plus tôt, le 26 juillet 1914.

Voici le résumé de cette fin juillet 1914, et des premiers jours d’août. Tout commence à Compiègne, dont la forêt deviendra célèbre suite à la signature dans un wagon-restaurant d’un certain armistice.

Dimanche 26 juillet 1914 : Commencement de la tension politique.

1914-07-26 Le RappelLe Rappel, 26 juillet 1914

Lundi 27 juillet 1914 : Conférence sur la mobilisation.

Mardi 28 juillet 1914 : Réunion de tous les officiers et collationnement des documents de mobilisation.

Mercredi 29 juillet 1914 : Chargement des effets, armes et munitions sur seize wagons garés sur une voie spéciale de la gare de Compiègne.

1914-07-29 Le Rappel Guerre Autriche SerbieLe Rappel, 29 juillet 1914

Jeudi 30 juillet 1914 : Distribution des cartouches de mobilisation et des vivres de réserve.

Vendredi 31 juillet 1914
5h30 : réception d’un télégramme ordonnant de mettre le 1er échelon en tenue de guerre et de se tenir prêt à partir au moindre signal
18h30 : réception d’un second télégramme « faites partir les troupes de couverture ».
Note : En Autriche et en Russie, on mobilise. L’Allemagne déclare l’état de guerre dans la journée et adresse un ultimatum à la France.

Samedi 1er août 1914 : Départ du régiment dans la matinée. Il va cantonner à Saint-Mihiel, dans la Meuse. En cours de route, il apprend que la mobilisation générale est décrétée.

Dimanche 2 août 1914 : Le régiment cantonne dans la région de Woël, dans l’Est de la Meuse. Il commence à organiser les défenses, travaux qui seront poursuivis les jours suivants.

1914-08-02 L'Humanité Mobilisation généraleL’Humanité, 2 août 1914

Lundi 3 août 1914
On apprend que l’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie, qu’un corps allemand a occupé le Luxembourg et s’est avancé jusqu’à la frontière française. Un aviateur annonce qu’il n’a aperçu aucun mouvement ennemi.
Les relations diplomatiques entre la France et l’Allemagne sont rompues.

Mardi 4 août 1914 : Le régiment achève les travaux de défense, il consacrera les prochains jours à leur amélioration.

Mercredi 5 août 1914
Réception d’un bulletin de renseignements. « Les Allemands auraient envoyé un ultimatum à la Belgique lui demandant de faciliter les opérations militaires. » Suite au refus de la Belgique, des corps d’armée allemands marcheraient sur Liège, ainsi que sur Arlon depuis le Luxembourg. D’autres colonnes se trouvent face à Longwy et Esch-sur-Alzette. Les Allemands auraient pénétré à Joeuf et Homécourt. On observe les manœuvres ennemies, de l’autre côté de la frontière, en Moselle. On signale également des escarmouches entre douaniers et patrouilles ennemies dans le secteur de Batilly et dans celui de Brin-sur-Seille.

août1914
Information du ministre : « La guerre est déclarée. L’Italie a fait savoir officiellement qu’elle garderait la neutralité. L’Angleterre intervient en notre faveur. »

1914-08-04 Le Petit Journal Déclaration de guerreLe Petit Journal, 4 août 1914

Dans les jours qui suivent, après avoir achevé et parachevé les défenses du secteur, le régiment remontera, de cantonnement en cantonnement, toujours plus au nord, toujours dans la Meuse. Le 22 août, jour le plus sanglant pour l’armée française, la division se porte au combat. Le régiment a maille à partir avec l’artillerie lourde allemande, dont les effets puissants surprennent la troupe. Il enregistre ses premières pertes. Joseph Antoine Lazarus, lui, aurait été « tué à l’ennemi » deux semaines plus tard.

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