C comme Casquette

Eulalie CasquetteC-Eulalie-Casquette

Elle a environ deux mois, et, en guise de marque, une faveur rose au bras gauche, au-dessus de sa brassière de coton rouge et de plusieurs pièces vertes. Ce 13 novembre 1820, l’officier d’état civil lui attribuera le nom d’Eulalie Casquette.

J’ignore si Eulalie Casquette a un jour quitté les murs de l’hospice de Joigny. Elle a près de dix-huit ans lorsqu’elle décède en ce même lieu, à la mi-août 1838.

Marie Charlotte Cadeaux

C’est l’hiver, et nul besoin d’attendre qu’il soit très tard pour déposer en douce un enfant à la porte de l’hospice. Ce 22 janvier 1817, le bébé est trouvé dès sept heures du soir. C’est une petite fille, née onze jours plus tôt, comme l’indique le billet qu’elle porte.

« Cet enfant est né le onze de ce mois de janvier mil huit cent dix sept. N’est point baptisé. On désire, comme étant du sexe féminin, qu’elle porte les noms de Marie Charlotte. On recommande cet enfant à la charité publique. »

Une fillette qui vivra. Car la première fois que j’ai croisé Marie Charlotte Cadeaux, ce n’était pas à Joigny en 1817, mais vingt-sept ans plus tard, à Looze, un village voisin où vivaient mes ancêtres. Nul doute qu’ils l’ont connu, au moins de vue. Peut-être ont-ils « parlé », aussi, lorsqu’elle mit au monde en 1844 un enfant naturel prénommé Charles Victor.

C-Marie Charlotte-CadeauxMarie Charlotte est ensuite partie pour Paris, où elle eut au moins deux autres enfants naturels : Marie, le 23 juillet 1848, et Louise Sophie, le 16 février 1851. Enfants qui seront légitimées lorsque Marie Charlotte, âgée de 40 ans désormais, épousa le cuisinier Pierre Sylvestre Delorme en 1857.

Marie Charlotte est décédée à Paris, le 31 janvier 1869, à l’âge de 52 ans. Elle a eu de nombreux descendants.

Françoise Charny

Son nom, la petite Françoise Charny le doit à l’endroit où elle est née. Découverte devant la porte de l’hospice le 9 avril 1822 à vingt heures, elle portait sur elle un billet rédigé de la main du curé de Charny.

« Je curé soussigné certifie avoir baptisé le six avril un enfant naturel à qui on a donné le nom de Françoise. A Charni le 9 avril 1822, » signé Lavollée, curé.

Il suffit de se rendre à Charny pour connaître l’identité de la petite Françoise. De son vrai nom Guérin, elle y est née le 5 avril 1822. Elle est la fille de Madeleine Guérin, domestique, ainsi que l’indique sa tante par alliance, l’épouse du cabaretier Charles Guérin, qui déclare la naissance. Pour la mère ou la famille de celle-ci, sans doute valait-il mieux faire disparaître très vite cette « honte ». C’est ainsi qu’une enfant sans père devint une enfant sans parents.

Et aussi : Polycarpe Café, Denise Camelle, Julie Caminis, Arsène Camphre, Alexandre Cannette, Joseph Carreau, Jules Carreau, Adèle Célestine Case, Eugène Casimir, Edme Eusèbe Cave, Marie Mélanie Céleri, Pierre Céleri, Justine Cerfeuil, Julienne Cerise, Angélique Victoire Cerisier, Marie Anne Chaise, Claire Chamorran, Euphrasie Champen, Félicité Chamvre, Ursule Chapeau, Onézime Chapelle, Agathe Chapier, Léon Chatel, Alexandre Chenel, Chepiard Louise, Marguerite Cicatrice, Euphrasie Civadile, Marcelin Clavier, Agricole Colibri, Célestine Colombeau, Alexandre Comète, Edouard Cornier, Élisabeth Françoise Couvert, Félix Croisé, Richard Croissant.

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4 commentaires pour C comme Casquette

  1. feuillesdardoise dit :

    Eh bien ! Charny n’est pas à côté tout de même… Plus d’une vingtaine de kilomètres (je le sais, j’allais de Charny, où j’habitais, à Joigny, tous les lundis matins, pour aller au lycée où j’étais interne),..
    Ces petits enfants sont vraiment attachants…

    Aimé par 1 personne

  2. Guillaume dit :

    Quand on sait que les noms donnés aux enfants abandonnées dépendent des officiers d’état civil… Noël = Cadeaux… Il fallait prier pour ne pas tomber sur un officier trop blagueur… C’est en tout cas un sujet très intéressant ! L’article sur Polycarpe Café est top !
    Bonne soirée 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Pauline dit :

      Merci ! Malheureusement les officiers d’état civil avaient parfois des idées un peu… étranges. Pour les noms surtout, mais parfois aussi pour les prénoms (c’est comme ça que j’ai repéré Polycarpe Café). Bonne soirée aussi !

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