Juin 1915 : Le Lac Noir

Comme le Challenge AZ ne me suffisait pas (je plaisante), je profite du dimanche pour ajouter ma pierre mensuelle au chemin suivi par mon arrière grand-père, Maurice Pernet, pendant la Grande guerre.


Lac Blanc, Lac Vert, Lac Noir. Aujourd’hui lieux de promenades. Hier… Il y a cent ans, c’est vers le Lac Noir que se dirigeait le 120e Bataillon de chasseurs à pied, où il devait relever le 114e BCP.

Le 120e BCP a quitté Corcieux le 9 juin à 14h30 an autobus. Deux heures plus tard, il est au Rudlin, où il fait la grand’halte. Le bataillon ne se remettra en route qu’à 19 heures. Quelques kilomètres à peine le sépare du Lac Noir. Mais des kilomètres de montagne. Lorsque le bataillon arrive enfin, il est déjà 23 heures. Au matin, c’est un magnifique que les hommes du 120e BCP découvrent devant leurs yeux.

Lac-NoirLe Lac Noir (Wikipedia)

Mais le 120e BCP n’est pas là pour la beauté du panorama. Car ce qui se joue ici, ce n’est ni plus ni moins que les prémices d’une bataille sanglante qui aura lieu le mois suivant.

Les compagnies sont écartelées en diverses positions aux alentours du Lac Noir. De jour comme de nuit, les hommes effectuent des travaux de défense, ils aménagent leurs positions. Pendant ce temps, on mène des missions de reconnaissance. Le 13 juin, deux officiers sont blessés par des éclats d’obus au cours d’une telle mission.

Le 19 juin, côté français, on décide, d’une manière assez maladroite, de tenter quelque chose. La tentative française est vite repérée, ce qui éveille aussitôt l’attention des Allemands sur les intentions française. La ferme de la Restauration, à Pairis, reçoit une vingtaine d’obus. Le 20, les Allemands incendient la ferme Combe, à la lisière du bois du Linge. Les canons tonnent toutes la nuit. Le lendemain, à 21h30, le Lac Noir est bombardé, de même que la Tête des Faux. L’ennemi a compris que quelques choses se tramait, et il n’entend pas se laisser faire.

129e Division - 21 juin 1915Les positions de la 129e Division, au soir du 21 juin. Extrait du Journal de marche.

Les choses sont un peu plus calmes les jours suivants. Assez pour achever la haie sur le chemin menant au Lac Noir. Assez pour enterrer, malgré une vive fusillade, les deux premiers morts du bataillon, Gaston Semelagne, 34 ans, et Lucien Dariosecq, 19 ans, décédés des suites de leurs blessures.

Les bombardements s’enchaînent, et une main ne suffit désormais plus pour compter les blessés. Le 28 juin, Urbain Delteil, 20 ans, est tué d’une balle en plein cœur. Le lendemain, c’est le caporal Huet qui trouve accidentellement la mort. Inlassablement, les Allemands continuent de pilonner les travaux français.

Le 1er juillet, après une dizaine de jours passés sous les bombardements, le 120e BCP quitte enfin la région du Lac Noir. Il y retournera bientôt, pour une offensive qui se voulait « surprise », mais qui rencontrera un ennemi excessivement bien préparé.


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