Février 1916 : Au loin, les échos de la bataille de Verdun

En retaaaaaard ! Bon, pas de beaucoup, mais quand même. Le mois de février avait beau s’adjoindre un jour supplémentaire, ce ne fut pas suffisant (en même temps… cela reste inférieur aux autres jours de l’année 😉 ). Le texte est écrit depuis longtemps pourtant (quoique je n’en sois pas entièrement satisfaite), mais j’ai eu plus de mal avec les illustrations. Du coup, j’ai choisi pour ces dernières un angle peut-être un peu moins raccord avec le texte. Voici donc la suite du parcours du 120e BCP…


Le 16 février 1916, le 120e bataillon de chasseurs quitte Saint-Dié pour retourner à son ancien cantonnement de Brouvelieures, où les hommes s’efforceront de remettre en état leur équipement après les évènements de Wisembach.

C’est là que, le 20 février au soir, le cinéma de la VIIe Armée donnera une représentation en plein air, suivie d’une prise d’arme pour la remise de décorations. Le 22, le bataillon quitte Brouvelieures pour Rambervillers, où la fanfare donne un concert sur la place de la mairie.

Le lendemain, la bataillon part cantonner à Moyen, plus au nord. Pour une raison que les hommes ignorent, toutes les permissions sont suspendues. A 130 kilomètres de là, la bataille de Verdun venait de commencer.

Le 21 février 1916, les Allemands lancent le début de la bataille de Verdun. En deux jours, ce sont des millions d’obus qui s’abattent sur les positions françaises, tandis que l’infanterie allemande passe à l’attaque, chamboulant totalement la ligne de front. Ils se heurteront toutefois à une résistance qu’ils n’avaient pas prévue, et qui fera bientôt de Verdun le symbole de la guerre.
Faiences-Verdun-1916In Verdun, Images de guerre – John Grand-Carteret (source : Gallica)

Le bataillon s’attend à être alerté et à devoir partir prochainement pour une raison mystérieuse, mais il n’en sera rien. Il s’installe dans son cantonnement, et on fait part des nouvelles citations à l’ordre du bataillon suite aux combats des 12 et 13 février, avec attribution de la Croix de guerre, dont, entre autres :

  • le lieutenant Vellutini : « Officier de la plus belle bravoure. Le 13 février, lors de la reprise des tranchées momentanément occupées par l’ennemi, a constamment marché en tête de la section, risquant d’être tué à bout portant à chaque barrage qu’il explorait. Déjà en octobre, avait entraîné crânement sa compagnie à l’attaque. »
  • le caporal Sieffert : « A traversé à trois reprises différentes un tir de barrage extrêmement violent pour ravitailler une escouade de chasseurs qui avaient repris une tranchée momentanément perdue et qui n’avaient pas reçu de vivres depuis deux jours. »
  • le caporal fourrier Morand (tué le 8 juillet 1917 au Chemin des Dames à l’âge de 22 ans) : « A fait preuve du plus beau courage pendant le bombardement des 12, 13 et 14 février. Ayant eu la figure brûlée et les vêtements arrachés par l’explosion d’un minenwerfer, est resté à son poste de combat. »
  • le 2ème classe Jacques : « Chasseur d’une bravoure exemplaire : le 12 février 1916, sous un bombardement, s’est porté au secours d’un capitaine grièvement blessé, l’a dégagé et a ramené par son exemple la compagnie qui avait témoigné d’une certaine émotion. »
Verdun-La-Victoire-09-03-1916-dessin-humoristiqueIn Verdun, Images de guerre – John Grand-Carteret (source : Gallica)

Le 26 février, un programme d’exercices est mis au point en cas de stationnement prolongé. De nouvelles citations sont effectuées, et le chef de bataillon adresse également ses félicitations à toute la 4e compagnie pour son attitude au cours du bombardement des 10, 11 et 12 février, et de l’attaque ennemie du 12, ainsi qu’aux gradés et chasseurs qui se sont distingués.

Le bataillon ignore encore quelle sera son affectation. Pendant ce temps, à Verdun, les Français sont parvenus à rétablir un semblant de front, et Joffre y a envoyé la IIe armée.

Le 27 février, le bataillon part pour Rosières-aux-Salines. Le lendemain, il défile à St-Nicolas-de-Port, puis va cantonner à Vandœuvre, alors à « 2 kilomètres à l’ouest de Nancy« . Moins de 100 kilomètres le sépare désormais de Verdun. Le bataillon est en cantonnement d’alerte. Toutes les mesures sont prises pour embarquer rapidement au premier signal, mais là encore, rien ne vient.

Le 29 février, une revue est effectuée au Vélodrome, « aux portes de Nancy » (le vélodrome a aujourd’hui disparu, c’est devenu un merveilleux carrefour fort apprécié des apprentis automobilistes…).

Itineraire-120e-BCP-fevrier-1916Itinéraire approximatif du 120e BCP du 16/02/1916 au 04/03/1916

Le 3 mars, dans l’après-midi, le bataillon donne un concert face à la mairie de Vandœuvre. Sur l’initiative du maire, Monsieur Richart, « ardent patriote », deux enfants (des « bambins ») costumés l’un en zouave, l’autre en chasseur du 120e BCP offrent au chef de bataillon une « magnifique gerbe de fleurs ».

Le 4 mars, à la suite d’un ordre de la division, le bataillon quitte Vandœuvre et, fanfare en tête, défile dans Nancy par les rues du Montet, Saint-Dizier et Saint-Jean et fait halte place Carnot. Le bataillon va cantonner à Bouxières-aux-Dames, au nord de Nancy. Partira-t-il pour Verdun ? Non, pas encore. Car ce n’est pas vers l’ouest que le bataillon se dirige, mais vers l’est.


Le bataillon défile dans Nancy, et les rues de la ville défilent dans ma tête. Mon arrière grand-père a fait l’essentiel de la guerre en Lorraine, cela ne devrait donc pas m’étonner de croiser tous ces lieux que je connais, qui représentent quelque chose pour moi. Pourtant, à chaque fois, c’est ce même sentiment étrange de décalage.

Décalage aussi, avec deux des illustrations que j’ai choisies, qui correspondent toutefois plus au titre que la plupart du texte de ce billet. Des échos visuels de la bataille de Verdun…


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