Mars 1916 : Un anniversaire plein de « surprises »

5 mars 1916. Le 120e bataillon de chasseurs vient d’être dispatché entre diverses positions situées entre Bey-sur-Seille et Lanfroicourt sur le front, et à Bouxières-aux-Chênes en réserve, positions qui seront réorganisés le 12 mars : le secteur occupé par le 120e BCP s’étend désormais plus au nord, de Lanfroicourt à Chambille. Tout cela sous les bombardements et duels d’artillerie habituels.

Secteur-de-la-Seille1Le secteur de la Seille. Carte de Cassini.

Le 9 mars, le chef du bataillon aura la surprise de recevoir du recteur d’académie de Nancy un mandat-poste de 25 francs en remerciement de la fanfare et du défilé qui eut lieu dans la ville. C’est l’heure de ces lettres si réconfortantes en provenance de l’arrière. Peut-être que mon arrière grand-père, Maurice Pernet, en reçut une lui aussi.

Le 13 mars a lieu le premier anniversaire du bataillon. A cette occasion, le chef de bataillon Rousseau adresse aux chasseurs le message suivant :

« A l’occasion de l’anniversaire du bataillon, que nous fêterons comme il convient lorsque les circonstances le permettront, je vous adresse à tous, officiers, gradés et chasseurs, mes compliments affectueux. Tous vous avez le droit d’être fier de l’œuvre accomplie pendant cette année de campagne. Les fatigues et les épreuves, au lieu d’émousser votre énergie, n’ont fait qu’affermir davantage votre confiance et votre volonté. Je ne doute pas que la nouvelle année qui va s’ouvrir pour le 120ème soit aussi fertile que la première en héroïsme et en bravoure. Je souhaite qu’elle vous rende à vos familles après une paix victorieuse et durable. Poilus du 120ème, haut les cœurs, et vive la France ! »

Les Allemands saluent l’événement par une quinzaine d’obus. Les Français surenchérissent avec l’interrogatoire de deux déserteurs allemands. On apprend alors que l’ennemi préparerait une attaque sur la presqu’île de Han, attaque qui n’a été retardée qu’en raison de l’activité de l’artillerie française. A la nuit tombée, on prend toutes les précautions nécessaires et on organise des patrouilles. L’une d’entre elles trouve à Han, dans les réseaux français, des fils téléphoniques posés par l’ennemi.

120-Court-Au-rat-qui-rit-Annonce-humoristique-25-03-1916 Annonce humoristique parue dans Le 120 Court du 25 mars 1916
Source : Bibliothèque municipale de Lyon

Le 14 mars, le général de division visite les positions de Han et Chambille. Pendant toute la journée, des avions allemands survolent les lignes françaises et sont canonnés par l’artillerie. Le 15, l’aviation allemande et l’artillerie française sont toujours en grande activité. Les patrouilles redoublent dans la presqu’île de Han.

Les jours suivants, de nombreux obus tombent sur le secteur. Les Français répliquent. Le 17, un nouveau rouleau de fil téléphonique est découvert. Le 19, lors d’une journée « plus calme », une patrouille détruit une passerelle sur la Seille, à trente mètres d’un petit poste allemand, et rapporte un flotteur supportant un câble d’où partent cinq lignes téléphoniques.

L’artillerie allemande est beaucoup plus vive le lendemain : une centaine d’obus tombent sur Armaucourt. « L’église semble particulièrement visée », note le rédacteur du journal. L’artillerie française répond copieusement. Les actions des patrouilleurs du 120e BCP sont remarquées par le général de brigade, qui les félicité pour leur audace.

120-Court-Annonce-humoristique-25-03-1916
Annonce humoristique parue dans Le 120 Court du 25 mars 1916
Source : Bibliothèque municipale de Lyon

Nouveau duel d’artillerie le 21, peu d’activité le 22, nouveau duel le 23. Une patrouille trouve une échelle placée sur la Seille à l’endroit où une passerelle avait déjà été enlevée. Sont cités à l’ordre du groupe Nord le sergent Delabarre, qui s’est distingué plusieurs nuits consécutives en allant couper des fils téléphoniques d’espionnage allemand sous le feu des postes allemands à proximité, et le chasseur Maigret, qui s’est jeté dans la rivière pendant la nuit pour couper les cordages retenant la passerelle, à une vingtaine de mètres (la distance s’est réduite) d’un poste allemand.

Du fil téléphonique est à nouveau découvert le 24 mars. Les pièces d’artilleries continuent leur duel, ce jour là et les suivants. Le 25, les précautions sont renforcées dans la presqu’île. Un peloton de la 4ème compagnie est envoyé en renfort à Lanfroicourt. Ailleurs, le travail est suspendu pour permettre plus de surveillance. Le 26, une barque ennemie est découverte amarrée sur la Seille.

Le 28, le bataillon est relevé. Il part cantonner à Bouxières-aux-Chênes, avant d’être à nouveau dispatché le lendemain : il est désormais en réserve d’avant-poste et doit exécuter des travaux dans le secteur alentour.


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